| Maître Lapourade est assis à son bureau
et examine divers papiers. Soudain on frappe à la porte.
- Me LAPOURADE : Entrez. (Il se lève et va vers la porte. Jean GIBAUD
entre le premier).
- J. GIBAUD : Vous souate bien lou bounjour, Moussur LAPOURADO. Couma
vai co la santat ?
- Me LAPOURADE : Merci, ça va bien. Et vous, Mr GIBAUD ?
- J. GIBAUD : Heu , co vai lalin lala.
(les autres entrent tous ensemble)
- TOUS : Bien lou bounjour , Moussur lou Noutari.
- Me LAPOURADE : (aimable et souriant) Bonjour Messieurs et Dames. Comment
allez-vous Mme GIBAUD ?
- Tine GIBAUD : Marci. Co vai coumo qu'ei mènat.
- Me LAPOURADE : Et vous, Monsieur VIPÈRE ?
- Zèphe VIPERE : Oh me, co vai toujours. Si co ne vai pas bien, co vai
mau.
- Me LAPOURADE : Et vous M. GUSTOU, et vous Melle ARLIROSE, je pense que
vous allez bien. Vous avez des mines ravissantes.
- GURTOU : Merci, Monsieur le Noutar, ço vire prou pour le moment.
- Me LAPOURADE : Alors qu'y a-t-il pour votre service, Messieurs ?
- Zèphe : Parlo Catirou, ( il regarde à droite et à gauche) Eh! La n'ei
pas qui. Ante diable a-t-elle passat ?
- Me LAPOURADE : Elle est peut-être malade ?
- Zèphe : Malaudo, la Catirou ? Vous voulès rire,
Moussur lu Noutari ? qu'ei à dire que qu'ei no fenno que se plensigno
tout lou tems per fâ de las maniéras, mas l'o la piro doù diable. (il
va à la porte et crie) : Catirou, aho
Catirou, aoh. Ah! Vei lo que vè.
(Il lui dit aimablement ) : Ané, Catirou, ané,
deipaicho te. Nous n'attendiam pus que tu.
- CATIROU (entre avec son papier fermé et son grand parapluie bleu. Le
cousin PIVERT entre après elle. Elle dit à son mari) : Qu'ei
qu'i parlavo au cousi PIVART.
- CATIROU : (Elle s'avance vers le notaire) Bonjour,
Moussur LOUGNOU, nou, Moussur LAPOURADE vole iou dire. Autremen, co roulo
?
- Me LAPOURADE : Merci, je vais très bien. Et
vous même Madame VIPÈRE ?
- CATIROU : (sur un ton plaintif) : Oh me, co
vai à la douço. Toujours raco, bouna gent.
Avec les voix de Monsieur Brie de Marval et de Madame Walter de Journiac
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(Le cousin PIVERT s'avance à son tour. Il salue le notaire qui répond
en s'inclinant)
- CATIROU : (au notaire). Qu'ei moun cousi PIVART, Moussur LAPOURADO.
Ei v'ei Préfet à PERIGUEUX.
- Me LAPOURADE : (étonné). Ah, vous êtes Préfet, Monsieur ?
- CATIROU : (rectifiant). Vau vous dire,Moussur, où n'ei pas tout à fet
Préfet. Crèse qu'où v'ei noumas Sous-Préfet.
- PIVART : V'oui. C'est moi que ze balie les escaliers de la Préfecture.
- Me LAPOURADE : Alors, qu'y a-t-il pour votre service, Messieurs?
- CATIROU : Eh bén, n'an vengut passâ queu countrat.
- Me LAPOURADE : C'est très bien. Allons, Mesdames et Messieurs, asseyez-vous
donc, je vous prie.
( Tous s'assoient, ainsi que Me LAPOURADE. Le cousin PIVERT se place derrière
la famille VIPÈRE, ce qui lui permet de jouer le rôle de souffleur. Ce
personnage, destiné à chanter la chanson du contrat peut être supprimé
si le notaire est bon chanteur.)
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