-II-     PREMIERE PARTIE DU CONTRAT

     -Me LAPOURADE : (Qui écrit et lit en même temps); Par devant moi, Maître François LAPOURADE, notaire à NONTRON (Dordogne) en ce jour du 25 Mai 1890, ont comparu Messieurs…
              (à Jean GIBAUD):   Votre nom et prénom, je vous prie?
     -J. GIBAUD : Jan GIBAUD, Moussur, sau votre onour.
     -Me LAPOURADE : Comment l'écrit-on, s'il vous plaît ?
     -J. GIBAUD : Avèque no plumo, Moussur, ou b'étou n'eicrioun, couma v'eimarei miei.
     -Me LAPOURADE : (souriant); Merci du renseignement. Enfin, je l'écris au petit bonheur.
          -(il écrit et lit ):   Jean GIBAUD
          -(il dit à Madame GIBAUD):   et vous, Madame, comment vous nommez-vous ?
     -TINE : Coum'i me pèle ? Eh bè, la gent me pélen la GIBAUDO coum'i sai la fenno de Jan GIBAUD.
     -Me LAPOURADE : Oui, mais quel est votre nom de jeune fille ?
     -TINE : Moun noum de filho ? mas ne sai pus filho. I a un brave manen qu'i sai maridado.
     -Me LAPOURADE : Bon, mais avant de vous marier, quel était votre nom ?
     -TINE : Me pelavo Tine MARMOUNO, Moussur.
     -Me LAPOURADE : Et quel est votre domicile actuel, qui est également celui de votre mari ?

     -TINE : Eh vous zu sabès bè. Qu'ei n'autreis que demorem à la Racario, communo de SAVIGNA. Nous soum sous las mas de la cousino doù frai doù peiri doù défunt Léian?
    Avec la voix de Madame Brie (Marval)
Que lu boun Deu vèse soun âmo, lu paubre viei, que qu'éro un bien brav'ome, par moun armo. Vourio que tous lous couquis lu semblessan.
     -Me LAPOURADE : (un peu agacé); Bon, bon, ça va. Nous disons donc : (tout en écrivant il lit) :        … ont comparu Messieurs Jean GIBAUD et Tine MARMONE son épouse, domiciliés à la Raquerie commune de SAVIGNAC, lesquels ont déclaré par les présentes vouloir donner à leur fils …             (à Gustou):      Votre nom exact, jeune homme, s'il vous plaît.


(*)
Caturo : tort, dépit ou dommage causé à quelqu'un.
Calabro : Corps humain.
Pous : bouillie de maîs (mot toujours au pluriel).
Balado : frairie, fête votive.
Peitelario : chose peu importante, babiole.
Bitouar : blutoir familial.
Eisinable : propre à rendre service, à mettre à l'aise.
Gabinet : meuble servant d'armoire ou de buffet.
Gageis : ustensiles.
Chanolo : tuyau en bois pour l'écoulement de la lessive.
Maroulhaire : (ou peiroulhé) nom donné aux étameurs et raccommodeurs ambulants.
Eipecounat : qui a perdu son pied (lit, marmite).
Joutat : gifle.
Eicrupit : crachat.
Lingo à traire : travailler "lingo à traire" c'est travailler en tirant la langue.

Vers le début du 2ème acte Vers le début du 1er acte  
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