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-V- LE CONSENTEMENT
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-LE MAIRE : À présent, passons au consentement.
-PEROUNIÉ : (à part) qu'ei no rudo, la vielho. -VIRONZEAU : (à part) Moun viei, l'a la peù eipesso, quelo qui! -CATIROU :V'autreis poudeis bè rire, foutus mau polis que vous séis tous. Sabe ço qu'i fau. Quand un i maridat qu'ei lou leberou par se deimaridâ et co côto l'argent doù diable. Vau co pas miei marquâ sur l'ate que lou maridage ei par dous v'ans ? Entau, au bout doù tems dit, lous que pouden pas s'avenî s'en van chacun lur biai, sei fâ de frès. Bounjour, bounsei, e tout ei dit. Ané, Moussur lu Méro, marquas co qu'i v'ai dit. -LE MAIRE : (séchement). Impossible, Madame. -CATIROU : (câline) . Ané, Moussur , marquas zu doun. -LE MAIRE : (catégorique). Madame VIPÈRE, je vous répète que nous ne pouvons inscrire des choses pareilles. C'est contraire à la loi. -CATIROU : (irritée). Foutre de foutringo. Vous crésès qu'i sei nacudo de iar ? Sabe plo, deù marce, que vous les fas couma voutreis voulés, las leis. Co fai que doun, vous ne voulez pas zu marquâ. -LE MAIRE : (formel). Je ne veux pas parce que je ne peux pas. -CATIROU : (furieuse). Ah, co marcho entau. Eh bè, retire moun counsentamen. Me foute lou camp. Vèque Zèphe, vèque Arliroso. Nam nous. Leissam qui tous qui pelhauds(*). (Elle se lève pour s'en aller. Les autres l'arrêtent. Elle s'agite et crie en tâchant de se faire lâcher. À la fin, elle se calme et revient à sa place). -GURTOU : (à part). Eh la vielho bougro. La n'o pas chabat de me fâ einouâ ! -LE MAIRE : continuons. Monsieur Gustou GIBAUD, consentez-vous à prendre pour épouse Mademoiselle Arliroso VIPÈRE , ici présente ? -GURTOU : (enthousiaste). Eh paubre, s'i counsente, doùs dous pieds mai de las douas mas. -LE MAIRE : Allons, encore. Voyons, répondez oui ou bien non. -GURTOU : Oui, oui, Mossieu le Mar, je consens. -LE MAIRE : Mademoiselle Arliroso VIPÈRE, consentez-vous à prendre pour époux Monsieur Gustou GIBAUD, ici présent ? (Arliroso ne dit rien. Silence général). Pour la deuxième fois, Mademoiselle Arliroso VIPÈRE, consentez-vous à prendre pour époux Monsieur Gustou GIBAUD, ici présent ? (Arliroso reste immobile et muette. Les autres la pressent de répondre). -GURTOU : (tendrement). Ané, ma pito Arliroso, reipouns doun. -LE MAIRE : (stupéfait). Enfin, qu'est-ce qu'elle a ? pourquoi ne répond-elle pas ? pourtant, l'autre fois, on lui a coupé le ligneul. Il n'a pas eu le temps de repousser. Pour la troisième fois, Mademoiselle Arliroso VIPÈRE, acceptez-vous de prendre pour mari Monsieur Gustave GIBAUD, ici présent ? -ARLIROSO : Euh … V'oui, v'oui, Monsieur le Mir. Tout ore, l'émotion m'avait coupé le sifflon. -LE MAIRE : (lentement et solennellement). Au nom de la loi, je déclare que Monsieur Gustou GIBAUD et Mademoiselle Arliroso VIPÈRE sont unis par le mariage. -GURTOU : (joyeux). Ah, co i ei queù côp. -ZÈPHE : V'oui, auro qu'ei manchat. -PEROUNIÉ : (qui depuis un moment somnolait sur son siège, baisse brusquement la tête et tombe) -GIBAUD : Tu sés plo sadous, François ? -PEROUNIÉ : Eh nei gro. N'ei prèque pas begut. (*) |
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