- VI-      LECTURE DU CODE

      -LE MAIRE : (se lève, un livre ou papier à la main).
               À présent je vais lire le code.
      (Il lit lentement sur un ton aigu et monotone en articulant nettement).

                              
           Article 212 du code civil relatif aux droits et devoirs respectifs des époux :
          Les époux se doivent mutuellement fidélité, secours , assistance.
      -CATIROU : T'ovas, Gurtou. Oùro, foù pus parlâ à l'oùtras filhas où fennas, où b'étou garo à tas coudenas. Me charge de te doundâ.
      -LE MAIRE : (continue sa lecture). Le mari doit protection à sa femme.
      -CATIROU : Codaqui ei très bien. T'as bè oùvi, lu novi ? No supposiciu que l'Arliroso se pigno(*) avèque no vésino, foù que tu li eideis. Toun devei qu'ei de foutei sur lous chais(*) de l'autro.
      -LE MAIRE : (agacé , frappe sur la table).
Allons, laissez-moi lire le code ou je vais chercher le garde champêtre. Je disais donc: le mari doit protection à sa femme. La femme doit obéissance à son mari.
      -CATIROU : Ah nou, par hasard, jamais de la vito, Arliroso, te laisso pas mountâ lu cop. Ne chato pas un chait dins t'un sac. Tu ne vesais pas qu'i se moquen de tu ? Queraque tu signara pas que tu deveis obei à toun ome ? Eh bé, moun ami, si lous omeis éran meitreis, las meijous sirien bien gouvernadas; Par que qu'ane bien, foù que la fenno sié meitresso.
      -LE MAIRE : (Hors de lui). Ah quand finira ce maudit mariage ? Voulez-vous oui ou non, me laisser lire le code? Faudra-t-il que j'appelle le garde champêtre pour faire évacuer la salle ?
      -CATIROU : (froissée). T'ouvas, Zèphe : eù me trato de salo. E tu ne disais rè. Tu me souteneis pas. T'as bè oùvi qu'un ome deù protejâ sa fenno. Mas tu ne sés pas n'ome, tu sés no mouleto.
      -LE MAIRE : (hausse les épaules et continue). La femme est obligée d'habiter avec son mari et de le suivre partout où il juge à propos de résider.
      -CATIROU : Arrétas, m'y opause. Codaqui ne po pas eizistâ. Co fai que doun si Gurtou mounto sur un ciriei, foù que l'Arliroso étou eilo, relhet(*) sur quel aubre, et s'eu vai au gat de la lébre, foù que l'ane couma sè.
      -PEROUNIÉ : (à part). Eh bé, moun finet, l'ei doù boun gru la vielho.
      -VIRONZEAU : (à part). L'ei de travars coum'un barouei.
      -LE MAIRE : (à bout de patience):
            Madame VIPÈRE, Madame VIPÈRE, je vous en supplie écoutez-moi.
      -CATIROU : Eh bé, parlas.
      -LE MAIRE : On veut dire par ces paroles que la femme doit habiter dans la même maison que son mari, mais elle n'est pas obligée de le suivre s'il monte sur le toit ou s'il se jette à l'eau.
      -CATIROU : (calmée). Eh bé, si qu'ei entau, ne disè ré. Mas foulho s'arplicâ pus tot.
      -LE MAIRE : Je continue: le mari est obligé de la recevoir et de lui fournir tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie selon ses facultés et son état.
      -CATIROU : (avec satisfaction). Eh bé, coqui me vai, Moussur notre mèro nous tournaram d'accord. Peique vous vous rasounas, veu signâ de gout. Dins lu found, vesès-vous, sei aimablo coumpagneù.
      - ZÈPHE : (à part). V'oui, de quis agneus qu'an de grandas dents e l'ounlhas pounchudas…
      -CATIROU : soulamen, n'aimo pas qu'un se foute de mé. Vole être eicoutado.
      -LE MAIRE : À présent, Mesdames et Messieurs, je vous prie de vouloir bien signer l'acte.

-VII-      SIGNATURE DE L'ACTE

                             Le Maire tend le porte-plume aux mariés.
                             La Catirou les arrête :
      -CATIROU : nòu, qu'ei me que signarai la prumiéro.
                (Elle signe, Zèphe s'avance et s'apprête à quitter sa blouse).
      -CATIROU : La pauso pas, signarai par tu.
                (Elle signe une deuxième fois).
                (Les mariés puis Tine apposent ensuite leur signature.
     -J. GIBAUD : Arcusas, Moussur lu Méro, ne sabe signâ.
      -LE MAIRE : Et bien, mettez une croix.
               (GIBAUD met une croix sur le registre)
     -VIROUZEAU : Mète io maren sur l'Eitang Groulhié où dessous de ma signature ?
      -LE MAIRE : Si vous voulez.
                (VIRONZEAU signe puis PERONIER s'avance)
      -PEROUNIÉ : E me, pode io metre cliar de cantounié ?
      -LE MAIRE : Comme il vous plaira.
                (PERONIER signe)

(*)
se pignâ : se dit des femmes qui se battent en se tirant les cheveux
chais : côtés du visage
relhâ : grimper

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