Qui était HENRI COUNTOVIORLO? (page 1)
Comment pourrait-on mieux le connaître qu'à travers la présentation faite par son neveu JEAN DELAGE lors d'un exposé dans le cadre des activités du Groupe de Recherches Historiques du Nontronnais (GRHiN) dans le courant des années 1980...?
Henri Delage Mon oncle Henri Delage est né à Lapouge en 1884 dans la commune de Saint-Estèphe. Son père, petit agriculteur, était né au milieu du siècle dernier à Saint-Saud ; il n'avait appris ni à lire ni à écrire. Sa mère, née Gauthier, était de Lapouge. Mon oncle avait un frère cadet, mon père, né en 1889, et une sœur qui est morte en bas âge. Les deux frères fréquentèrent l'école primaire du Bourdeix. Mon grand-père, peut-être parce qu'il était analphabète, fit de très gros efforts financiers pour que ses deux fils, qui avaient montré des dons assez exceptionnels, puissent continuer leurs études à l'école primaire supérieure de Nontron. A cette époque là, il était très rare que des fils d'une famille modeste prolongent leurs études au-delà du Certificat d'Etudes. Ils furent bien les seuls du hameau de Lapouge. Mon oncle et mon père ont été sensibles aux efforts de ce père qui croyait sincèrement aux vertus de l'Education. Mon oncle, entré major à l'école normale de Périgueux en 1900 fut nommé instituteur en 1903 et enseigna successivement à Augignac, Miallet, Champeau et Piégut, c'est à dire qu'il choisit de petites localités situées toutes dans cette région du Nontronnais qu'il affectionnait. Il s'est marié en 1910 avec Marguerite Dumonteix, institutrice comme lui, d'origine modeste comme lui, dont les parents étaient domestiques au château de Bernardières. Jeune il ne s'éloigna guère du Nontronnais que pour effectuer son service militaire dans l'Est, puis à Limoges, et pour faire son devoir de soldat à la guerre de 1914.

A sa retraite il se retira à Nontron en 1948,et, jusqu'à sa mort, le 10 septembre 1970, continua jour après jour ses travaux, ses recherches et ses fouilles de tout ordre. Il rangeait le tout très méticuleusement dans des boîtes ou des casiers soigneusement étiquetés, écrivait dans des cahiers d'une écriture très appliquée et déposait le tout dans une petite pièce du premier étage de sa maison qui lui servait de bureau et de petit musée. J'ai trié, lu, compulsé, évalué le fruit de toute une vie de recherche et, bien qu'étant assez souvent tenu au courant de ses activités multiples, j'ai été stupéfait de la quantité, de la qualité et de la variété de ses travaux, et, j'étais loin de me douter que ses préoccupations l'avaient amené à s'intéresser à de si nombreux domaines. Jeune homme il semble avoir aimé la fréquentation des fêtes populaires et des bals de village comme le faisaient les garçons de son âge, dans un but de simple distraction. C'est seulement vers 1904, aux environs de sa vingtième année, qu'il rédigea ses premiers écrits, écrits dont le français est imprégné de Romantisme et qui ont pour sujet des descriptions sensibles de la nature, des pensées, des rêveries souvent proches de celles des poètes symbolistes qu'il découvrait et admirait. Cette période, dont j'ignorais l'existence s'étendit jusqu'en 1910. C'est à Champeau qu'il écrivit ses premiers textes patois, dans un environnement favorable lui permettant d'observer et de noter le comportement des paysans, leurs réactions, leur langage imagé et leurs expressions savoureuses. Sans doute a-t-il d'abord observé et écouté, puis peut-être pris quelques notes et, progressivement, grâce à ses dons d'imagination, créé quelques uns des personnages hauts en couleur que l'on retrouvera bientôt mis en scène dans "Picatau", personnages dont les originaux avaient attiré son regard dans les fêtes locales, foires ou marchés de la région qui étaient pour lui, m'a-t-il confié un jour, des lieux merveilleux d'observation.

Retour début de page

Suite de l'exposé page 2   L'hommage à H. DELAGE
Page d'accueil   Table des histoires